jeudi 12 juin 2008

Qu'est ce qui nous sépare ?

Alors que je m’apprêtais à écrire un nouvel article consacré au théâtre d’ombres que nous offre notre premier secrétaire, François Hollande… cette interrogation m’est venue presque naturellement. Car au fond, à lire les premières ébauches de texte dans la perspective de ce congrès, je m’aperçois que beaucoup de nos dirigeants vivent dans une sorte de nostalgie de l’ère Jospin…

Ahhhh quelle formidable époque que ces années 97-2002… Le temps du socialisme triomphant, de la bonne gestion aux bons résultats économiques… pour un peu, ils rêveraient d’inventer la machine à remonter le temps. Après réflexion, j’en viens à me demander si ce gouffre qui peut me séparer d’eux, ce n’est pas au final ce fameux fossé générationnel.

Car ce doux come-back semble renvoyer un écho troublant… ces fameuses 30 glorieuses… ce moment d’abondance, d’insouciance et de jouissance… car tous ou presque ont grandi dans ce climat peu propice à l’innovation, aux interrogations existentielles et cependant concrètes du « comment survivre dans ce monde ? »….

Moi… désolé pour ce narcissisme… j’ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence dans de toutes autres conditions… rareté, instabilité, précarité… le SIDA, le chômage, pauvreté… qui plus est, d’une intelligence moyenne, je n’ai pas été préservé par le cocon des grandes écoles… haut lieu de reproduction des élites mais aussi d'enferment vis-à-vis du monde extérieur.

Une autre différence qui n’est pas non plus étrangère à ma perception d’une nouvelle citoyenneté, le début de la démocratisation de l’informatique et sa généralisation non plus en des termes techniques mais bien en tant qu’outils.

Voilà comment j’explique ce décalage avec nos, mes dirigeants… d’un coté l’illusion d’un retour au temps d’avant, de l’autre une génération a qui on demande de s’adapter en permanence et à vivre avec moult épées de Damoclès … fatalement, cela provoque un certain nombre d’incompréhensions.

Une des plus significatives pour moi porte sur la croissance économique. La grande majorité de nos dirigeants politique au PS ne cesse de nous parler de mesures pour relancer la croissance… certes… cependant, je constate que de plus en plus d’économistes de renom s’interrogent de plus en plus ouvertement sur celle-ci et ses conséquences sur la planète…

Je rejoints complètement cette problématique… croissance ok mais croissance durable… au-delà des mots… et force est de constater qu’on est loin, très loin du compte pour le deuxième terme. Et toujours sur ce thème, en évacuant cette notion de durable, qu’est ce qui fait qu’on peut revenir à ce cycle salvateur de croissance forte alors que sa tendance est baissière depuis plus d’un demi siècle et entretenue depuis plus d’une décennie par un endettement croissant des ménages ? (je suis désolé les aléas font que je n’ai pas eu le temps de résumer le chapitre 2 de Larrouturou qui aborde ce point)

Voilà où j’en suis dans mes interrogations, mes questionnements à quelques mois d’un congrès annoncé déterminant et qui s’achemine à nouveau vers des accords boiteux au détour d’un couloir entre personnes d’une même génération. Vous me direz… les quadras… oui… mais n’oublions pas qu’un certain nombre a été nourri par l’appareil… donc fatalement ça formate aussi une certaine forme de pensée.


Marc Vasseur

1 commentaire:

Nicolas a dit…

Tu as oublié de mettre un titre au billet, ça fait moche.