samedi 5 juillet 2008

Les contributions socialistes en 1 clic.

Sur les 21 contributions répertoriées, 20 sont présentes dans le “package ” !


En voici la liste :
1- Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France (F Hollande)

- Clarté, Courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain (B Delanoë)
3- Une vision pour espérer, une volonté pour transformer (M Aubry)
4- Debout la gauche ! (M Dolez)
5- Aux militants (G Gorce)
6- Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes (Utopia)
7- Reconstruire à gauche (L Fabius)
8- Combattre et proposer (S Royal)
9- Unité et refondation (s) ! (F Leveillé, GP Langevin, P Joseph, C Fiterman, etc)
10- Reconquêtes (B Hamon & H Emmanuelli)
11- Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste (JM Ayrault)
12- Besoin de gauche (SD & RM)
13- La ligne claire (G Collomb et JN Guérini)
14- Réinventer la gauche (JL Mélenchon)
15- Pour un socialisme du 21ème siècle en France (P Jacquemin)16- Changer (MN Lienemann & P Quilès)
17- D’abord, redistribuer les richesses (A Vidalies)
18- Brèves de campagne (ML Lebranchu)
19- Pour un socialisme écologique (G Guibert)
20- Urgence sociale (P Larrouturou)
21- Et si le Parti restait socialiste (J Fleury)

source : Donatien.

samedi 28 juin 2008

Les contributions socialistes

- La contribution de Marilyse Lebranchu : c'est ici .

- La contribution Recontruire la Gauche de (Laurent Fabius) :
c'est ici.

- La contribution Socialisme et Démocratie (Pierre Moscovici) : c'est ici (non )

- La contribution de Martine Aubry : c'est ici.

- La Ligne Claire (Gérard Collomb et Jea-Noël Guérini et Manuel Valls) : c'est ici

- La contribution Réinventer la Gauche (Jean-Luc Mélenchon) : c'est ici.

- La contribution Changer la vie (Marie-Noëlle Lienemann) : c'est ici.

- La contribution de Nouvelle Gauche (Pierre Larrouturou) : c'est ici.

- La contribution de Démocratie et Socialisme (Gérard Filoche) : c'est ici.

- La contribution d'Utopia : c'est ici.

- La contribution Combattre et Proposer (Ségolène Royal) :
c'est ici

- La contribution de Reconquêtes (Benoit Hamon et Henri Emmanuelli) : c'est ici.

- Pour un socialisme écologique : c'est ici.

- La contribution de François Hollande : c'est ici.

- La contribution de Gaetan Gorce : c'est ici.

- LA contribution Debout la Gauche ! (Marc Dolez) : c'est ici.




vendredi 27 juin 2008

Pour une nouvelle sécurité Sociale

La lente désindustrialisation des pays dits développés, de l’Europe et de la France doit autant à des mécanismes exogènes qu’à des mécanismes endogènes.

Avant tout, l’accélération de la globalisation tient à l’avantage comparatif que confèrent aux pays émergeant des législations sociales, fiscales environnementales bien plus légères que les nôtres. Elle tient aussi à un coût du travail qui, pour longtemps encore, est susceptible d’absorber la hausse du prix de l’énergie, des matières premières et du transport des marchandises. Autrement dit, malgré les investissements directs qui se poursuivent des pays du Sud dans les pays du Nord liés au gonflement des fonds souverains notamment, on ne voit pas bien comment peuvent s’enrayer les délocalisations. Or un emploi industriel qui disparaît correspond à la destruction de 3 à 5 emplois "périphériques" qui, souvent, ont l’avantage d’absorber une main d’oeuvre peu qualifiée.

Une fiscalité imbécile

Inventé en 1975 par Jacques Chirac, l’assiette de la taxe professionnelle était constituée d’un pourcentage de la masse des salaires et de la valeur d’achats des immobilisations. Conscient que ce nouvel impôt pouvait constituer un frein "fiscal" à l’emploi, le gouvernement de Lionel Jospin, de 2000 à 2002, a progressivement supprimé la partie salariale de l’assiette. Il reste que, compte tenu des avantages comparatifs que confèrent aux pays dits développés les investissements productifs, nous serions avisés de refondre le plus vite possible un impôt que François Mitterrand n’hésita pas à qualifier en son temps d’impôt imbécile !

L’émergence de la CSG

Mais, c’est avant tout en matière de fiscalité sociale qu’il faut trouver les raisons endogènes à la lente désindustrialisation de notre pays. Avant la mise en oeuvre de la CSG (Contribution Sociale Généralisée), l’assiette des cotisations sociales était constituée des seuls revenus du travail : revenus des salariés et revenus des professions libérales et agricoles. Les revenus de la rente produite par la perception de loyers ou bien d’intérêts liés aux actions et aux obligations, les profits des entreprises sont encore aujourd’hui pour l’essentiel exemptés de fiscalité sociale. Le gouvernement de Michel Rocard en 1991 a sensiblement modifié la donne en ouvrant une autre voie par la mise en place d’une cotisation sur l’ensemble des revenus d’activité, adossant de fait l’assiette de la CSG à la valeur ajoutée. La CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale) créée en 1996 par le gouvernement d’Alain Juppé a curieusement prolongé le dispositif. La CSG et le CRDS ne sont ni plus ni moins que l’embryon de l’idée d’une Cotisation sur la Valeur Ajoutée généralisée et se substituant au régime des cotisations tel qu’il s’applique aujourd’hui aux seuls revenus du travail.

Implosion de notre système par répartition

Depuis 1983, dans les pays du G7, la part des salaires dans le PIB a glissé de 5.8% entre 1983 et 2006. Pour la France, c’est 9.3% selon l’INSEE. Cela signifie, de façon corollaire, que les autres revenus (rentes et profits) regroupés sous la désignation d’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) ont augmenté dans la même proportion. Le fait que la France soit l’un des pays les plus concernés n’est pas dû au hasard. Les acteurs économiques ont parfaitement entérinés l’élément selon lequel les revenus du travail étaient aujourd’hui lourdement fiscalisés. Notre fiscalité sociale a très largement contribué à l’explosion des stocks-options qui, pour l’heure, malgré les multiples rapports de la cour des comptes, restent exonérés de cotisations sociales. Par ailleurs, en multipliant les régimes dérogatoires en faveur des bas salaires, les pouvoirs publics transfèrent la charge de la fiscalité sociale vers l’impôt. Or depuis 30 ans, la part de l’impôt sur le revenu et sur les bénéfices dans le produit des recettes de l’Etat est en baisse constante. Nous organisons, par notre fiscalité, la faillite de nos régimes sociaux. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous espérer la création d’une 5ième branche alors que nous peinons à financer le reste ?

TVA sociale : un leurre "idéologique"

Face à ces questions centrales qui touchent à la cohésion sociale et aussi à la compétitivité des entreprises, la réponse des conservateurs s’organise. Que ce soit au Danemark ou en Allemagne, les gouvernements ont fait le choix de la mise en oeuvre d’une TVA "sociale" qui n’est, au final, que l’augmentation des taux de la TVA de ces pays appliqués en partie ou en totalité à l’ensemble des produits consommés. C’est le consommateur qui supporte la charge de la fiscalité sociale ramenant l’idée de la progressivité de l’impôt aux oubliés de l’histoire. Or, on le sait, la hausse de 1 à 2% de TVA n’impacte pas de la même façon les bas et les hauts revenus sachant que le taux d’épargne s’élève avec le niveau de revenu.

La nécessité de la mise en oeuvre de la CVA

En appliquant un taux unique de cotisation (sur la valeur ajoutée), cela permet de lisser la fiscalité sociale à l’ensemble des revenus d’activité. En abaissant la fiscalité sociale sur l’emploi et les entreprises, nous pouvons espérer un accroissement de la compétitivité et aussi un transfert important de fonds de l’économie financière vers l’économie réelle, un renforcement de l’autofinancement et, au premier chef, une reprise de l’investissement productif et de la croissance interne. La mise en oeuvre de la CVA est aussi la garantie, par l’élargissement de l’assiette et la suppression des plafonds, du maintien du régime de répartition. La mise en place d’un système par capitalisation a deux défauts majeurs : il contribue au gonflement de l’épargne de précaution et de la bulle spéculative ; il engendre de l’incertitude quant à l’avenir et risque de provoquer de nombreux freins à la consommation. En faisant le choix de la mise en oeuvre de la CVA, nous faisons le choix de l’efficacité économique et sociale !


source : Emergence(s)

vendredi 20 juin 2008

Un socle commun. Le livre noir du Libéralisme (2)

(Chapitre 1) : Dire la vérité.

Chapitre 2 : Dire la gravité.

La régulation au service de la croissance

L’économiste Patrick a sorti un livre en 2005 intitulé « le capitalisme est entrain de s’autodétruire » est pour cause puisque si le cash et les dividendes augmentent toujours plus, l’investissement stagne. Pour lui, « un capitalisme sans projet est condamné à s’autodétruire. Dans ces conditions, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour accréditer la thèse d’une crise mondiale ; d’autant plus que les trois régulations qui ont été à l’œuvre durant les trente glorieuses. Quelles étaient-elles ?
- Ford : ce capitaliste disait que si la croissance va s’étouffer si on ne fixe pas des règles du jeu collectives. C’est la crise des années 30 et la sortie de la 2eme Guerre Mondiale qui amèneront à mettre en place les moyens de ces règles.
- Beveridge : il publie en 42 un rapport sur le système d’assurance sociale. Pour lui, le capitalisme pour fonctionner a besoin d’une demande forte et régulière, aussi la dépense sociale est un facteur de croissance économique car elle permet d’assurer cette régularité.
- Keynes, bien sur pour qui l’Etat doit intervenir pour assurer la croissance.
Aujourd’hui, tous ces mécanismes sont consciencieusement mis à mal voire caricaturer alors que l’absence de toute régulation nous ramène bien avant 1914. Malgré cela, la croissance bien que moins forte sur ces deux dernières décennies est toujours… comment ?

La spirale de l’endettement.

C’est par l’endettement des ménages que les Etats-Unis ont pu éviter la déflation. Entre 1997 et 2007, le crédit à la consommation a tout simplement doublé, passant de 1225 milliars de dollars à 2450 milliards. Deuxième levier, les cartes de crédit et enfin, les crédits hypothécaires, seulement autorisés en France depuis Villepin. Enfin, et on n’en voit seulement les conséquences depuis quelques mois les fameux subprimes, encouragés par les banques qui voyaient leur revenu diminuait du fait d’un engorgement du crédit immobilier.
Les subprimes : le principe est relativement simple, un établissement peut prêter jusqu’à 125% de la somme nécessaire à l’achat avec un remboursement du capital différé partiellement ou en totalité sur les deux premières années. Les banques avaient intérêt à prêter à des personnes n’ayant pas les ressources, cela permettait d’alimenter le marché et théoriquement ils faisaient un bénéfice en reprenant le bien des non-solvables. En prime, les banques ne gardaient pas ces prêts dans leur bilan. Elles les « tittrisaient » en faisant des paquets et les revendaient à d’autres investisseurs… et ainsi de suite… bref fromage et dessert… sauf que si les arbres ne montent pas au ciel, le prix de l’immobilier non plus. L’autre enseignement de cette crise des subprimes, c’est le cynisme d’un modèle qui encourage la précarité et se nourrit sur celle-ci. Cette propension à l’endettement n’est pas propre aux Etats-Unis. En Europe, la dette privée est passé de 75% à 145%, ce qui fait dire à Patrick Arthus que sans l’endettement des ménages, la croissance dans zone euro aurait nulle voire en récession dans certains pays comme l’Angleterre.

Selon le groupe d’économistes du centre Bruegel qu’au regard des déséquilibres accumulés, la question n’est pas de savoir si il aura ou non un ajustement mais bien quand et avec quelles conséquences ?

Et la chine ?
C’est sans doute en chine que les conséquences d’une récession américaine se feraient le plus sentir car le dynamisme chinois est fortement dépendant de la consommation américaine. Et bien plus encore si l’Europe et le Japon le sont également puisque 61% des exportations asiatiques se font vers ces zones économiques.

L’autre moteur de la croissance chinoise réside dans l’investissement qui atteint 50% du PIB qui repose en partie sur une bulle immobilière où pour par exemple pour le seul premier 2006 26% du marché n’avait trouvé preneur alors que dans le même temps, les investissements ont augmenté de 20%.

Au final, le miracle chinois a de grande similitude avec "l'exemple japonais" qui s’est évanoui dans l’éclatement de la bulle immobilière survenue au début de 1990… le Japon ne s’en est pas encore relevé. Par ailleurs, quelles seraient les conséquences sociales d’une crise comparable dans un pays où les travailleurs payent le prix fort de cette croissance. A cela, il faut ajouter que celle-ci malgré son niveau élevé, n’est pas en mesure de faire face à la croissance de la population en age d’arrivée sur le marché du travail (ministre du travail chinois) sans compter le flux des ruraux accourant dans ces zones de croissance.

* Complément de lecture sur la Chine : l'article de Christian Sautter pour Betapolitique.

source Marc Vasseur

jeudi 19 juin 2008

Pour une Europe Fédérale

Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’échelle de l’Europe sera celle où on pourra développer les politiques pour l’avenir. Croit-on pouvoir mener une politique sociale ambitieuse à l’échelle nationale dans le contexte de la mondialisation ? Pourra-t-on répondre aux catastrophes écologiques en cours sans une cohérence européenne ? Ne doit-on pas faire émerger une diplomatie européenne forte quand l’hégémonie des Etats-Unis est de plus en plus contestée ? Il faut une Europe intégrée, bien plus intégrée. Pour être plus puissante et plus cohérente. Ces questions étant fondamentales, les réponses doivent être démocratiques. Prenons l’exemple du domaine social. La concurrence fiscale et sociale entre les pays de l’Union Européenne est destructrice, tirant chaque pays vers le bas. Pour lutter contre, il faudra construire un modèle social européen unifié. Dans un débat qui ne pourra être que démocratique. Une Europe puissante, cohérente et démocratique ne saurait être autrement que fédérale.

Quelle serait la forme d’une Europe fédérale ? Pour la cohérence et la démocratie il faut un organe qui soit strictement européen, non une émanation des Etats, et démocratique. C’est au Parlement Européen de jouer ce rôle. Le Parlement Européen doit être fort, c’est-à-dire être le législateur principal en même temps que le contrôleur de l’action exécutive. Un vrai parlement quoi. Il doit être démocratique et européen : élu au suffrage universel direct, à la proportionnelle, sur des listes européennes. Avec de tels pouvoirs et un tel mode d’élection, les différents partis nationaux devront se regrouper dans de réels partis européens, cohérents, dotés de programme vraiment politiques et permettront qu’il y ait un débat sur la direction de l’Europe. Pas comme aujourd’hui.

Il ne s’agit pas non plus de faire disparaître les Etats. Ils peuvent garder une large autonomie. Qui peut nier par exemple que les différents Etats des Etats-Unis d’Amérique ont une large autonomie ? On peut ainsi imaginer un Sénat regroupant des élus au suffrage direct mais dans les cadres nationaux. On aurait ainsi une assemblée représentant les Etats à côté d’une assemblée représentant le Peuple. Chacun garderait à côté ses institutions nationales dont il faudra définir précisément les rapports avec les institutions fédérales.

Quoiqu’il en soit, les institutions européennes doivent émaner du peuple. Car c’est le peuple qui est le souverain naturel, c’est lui le pouvoir constituant. Peut-on accepter que des traités ayant un caractère constitutionnel, ils organisent les institutions, soient conçus et adoptés sans recourir directement au peuple ? Prenons le traité de Lisbonne : négocié par des représentants élus pour exercer la fonction exécutive et voté par d’autres représentants élus pour exercer la fonction législative. Personne dans cette affaire n’a reçu un mandat constituant de son peuple. Pour refonder des institutions de cette importance le principe démocratique exigerait une toute autre formule : une Assemblée Constituante Européenne, élue au suffrage universel direct dans un scrutin de liste européen, présentant un projet au peuple, celui-ci l’acceptant ou non dans un unique référendum européen. Convoquer une telle assemblée serait déjà un événement de type fédéral : ce serait concevoir l’Europe comme un tout uni et cohérent et plus comme une somme d’Etat.

Enfin, le traité de Lisbonne n’est à mon goût ni bon ni mauvais. Il ne changera, si on outrepasse le vote irlandais, rien de fondamental. De même, si on en reste au traité de Nice, l’Union Européenne continuera à voguer au rythme des négociations étatiques pour s’arracher un bout de quota. Il manque d’ambition, de vision. On se plaint que l’Europe ne plaise plus aux peuples. Ou que ceux-ci votent sans comprendre le traité qu’on leur soumet. Et bien, proposons un texte institutionnel simple et ambitieux qui saura faire valoir une vision et une volonté exaltante de l’avenir européen. Et on verra si le vote est mauvais !

Bref, c'est seulement en construisant une Europe politique, et donc fédérale, qu'on pourra en faire quelque chose, débattre, avancer.


Colin

jeudi 12 juin 2008

Qu'est ce qui nous sépare ?

Alors que je m’apprêtais à écrire un nouvel article consacré au théâtre d’ombres que nous offre notre premier secrétaire, François Hollande… cette interrogation m’est venue presque naturellement. Car au fond, à lire les premières ébauches de texte dans la perspective de ce congrès, je m’aperçois que beaucoup de nos dirigeants vivent dans une sorte de nostalgie de l’ère Jospin…

Ahhhh quelle formidable époque que ces années 97-2002… Le temps du socialisme triomphant, de la bonne gestion aux bons résultats économiques… pour un peu, ils rêveraient d’inventer la machine à remonter le temps. Après réflexion, j’en viens à me demander si ce gouffre qui peut me séparer d’eux, ce n’est pas au final ce fameux fossé générationnel.

Car ce doux come-back semble renvoyer un écho troublant… ces fameuses 30 glorieuses… ce moment d’abondance, d’insouciance et de jouissance… car tous ou presque ont grandi dans ce climat peu propice à l’innovation, aux interrogations existentielles et cependant concrètes du « comment survivre dans ce monde ? »….

Moi… désolé pour ce narcissisme… j’ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence dans de toutes autres conditions… rareté, instabilité, précarité… le SIDA, le chômage, pauvreté… qui plus est, d’une intelligence moyenne, je n’ai pas été préservé par le cocon des grandes écoles… haut lieu de reproduction des élites mais aussi d'enferment vis-à-vis du monde extérieur.

Une autre différence qui n’est pas non plus étrangère à ma perception d’une nouvelle citoyenneté, le début de la démocratisation de l’informatique et sa généralisation non plus en des termes techniques mais bien en tant qu’outils.

Voilà comment j’explique ce décalage avec nos, mes dirigeants… d’un coté l’illusion d’un retour au temps d’avant, de l’autre une génération a qui on demande de s’adapter en permanence et à vivre avec moult épées de Damoclès … fatalement, cela provoque un certain nombre d’incompréhensions.

Une des plus significatives pour moi porte sur la croissance économique. La grande majorité de nos dirigeants politique au PS ne cesse de nous parler de mesures pour relancer la croissance… certes… cependant, je constate que de plus en plus d’économistes de renom s’interrogent de plus en plus ouvertement sur celle-ci et ses conséquences sur la planète…

Je rejoints complètement cette problématique… croissance ok mais croissance durable… au-delà des mots… et force est de constater qu’on est loin, très loin du compte pour le deuxième terme. Et toujours sur ce thème, en évacuant cette notion de durable, qu’est ce qui fait qu’on peut revenir à ce cycle salvateur de croissance forte alors que sa tendance est baissière depuis plus d’un demi siècle et entretenue depuis plus d’une décennie par un endettement croissant des ménages ? (je suis désolé les aléas font que je n’ai pas eu le temps de résumer le chapitre 2 de Larrouturou qui aborde ce point)

Voilà où j’en suis dans mes interrogations, mes questionnements à quelques mois d’un congrès annoncé déterminant et qui s’achemine à nouveau vers des accords boiteux au détour d’un couloir entre personnes d’une même génération. Vous me direz… les quadras… oui… mais n’oublions pas qu’un certain nombre a été nourri par l’appareil… donc fatalement ça formate aussi une certaine forme de pensée.


Marc Vasseur

samedi 7 juin 2008

D’autres choix sont possibles au PS

Malgré toute la considération qu’on lui porte, Il faut bien avouer que l’on a connu un Alain Duhamel plus alerte dans ses analyses politiques. En effet, sa dernière chronique (les nouveaux bretteurs du PS) publiée récemment dans le quotidien Libération nous laisse perplexe. A le lire, nous sympathisants socialistes n’aurions finalement d’autres choix que d’avoir à plébisciter l’une des deux écuries : Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. La messe est dite, circulez, il n’y a plus rien à espérer comme autres scénarii. Mais sur quoi se fonde ce clairvoyant chroniqueur pour asséner une telle certitude ? Les sondages, essentiellement les sondages.

La vie politique française se réduirait dorénavant aux seules cotes de popularité de nos femmes et hommes politiques et aux enquêtes d’opinions. Quid donc de l’importance à accorder aux débats de fond ? Oui, la seule chose qui prévaut désormais est le degré de sympathie qu’untel ou untel inspire aux Français, l’armature idéologique et intellectuelle de ces nouveaux people devenant tout à fait subsidiaire, pourvu qu’elle ne sorte pas de la pensée unique.

D’autant que nombre de faiseurs d’opinions nous assènent sempiternellement cette soi-disant lapalissade : la gauche française sera sociale démocrate ou ne sera pas. Et s’il est vrai qu’il existe au moins un point commun entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, c’est bien celui d’une même option sociale démocrate, à quelques subtiles nuances près. Nous militants de gauche archaïques serions donc sommés d’abandonner nos vieux rêves ringards d’un monde radicalement autre. Place aux réformistes pragmatiques en phase avec la réalité et bons connaisseurs des rouages de la chose publique.

Pourtant, s’il y a au moins un débat à nos yeux essentiel pour l’avenir de la gauche, c’est celui de l’analyse de l’ordre social actuel et des causes qui l’engendrent. Aussi, de quelle réalité sociale parle-t-on, trop souvent tue par nos élites médiatico-politiques ? De la fin de l’ascenseur social pour les catégories les moins favorisées, de la baisse généralisée du niveau de vie, de la dégradation sans précédent des conditions de travail, de l’explosion de la précarité et des inégalités salariales, de l’inquiétante augmentation de la pauvreté depuis deux décennies en France. Et cette réalité est aussi cruellement celle de l’Angleterre et de l’Allemagne, pays dont on vante malgré tout les politiques sociales démocrates. Est-ce d’ailleurs un hasard si le parti de la gauche radicale allemande (le Die Linke) est en train de monter en puissance ?

Et lorsque l’on s’efforce de comprendre globalement le système économique et social en place, nul doute que la critique marxienne du capitalisme devient extrêmement pertinente. Est-ce par pure coquetterie intellectuelle qu’à nouveau tant de livres fleurissent sur Marx, s’il est tant cité et débattu aujourd’hui, au point que certains néolibéraux à l’instar d’Alain Minc reconnaissent la force de son analyse ? Mais que nous dit Marx sur le capitalisme de si profond ? Que les régimes coloniaux et la traite négrière permirent l’accumulation première du capital européen. Que de la richesse produit encore plus de richesse. Que l’exploitation de la force de travail par le capital – jusqu’à l’aliénation – est consubstantielle à ce système économique basé sur la propriété privée des moyens de production. Et qu’enfin pour perdurer ce système a besoin de s’étendre, d’où son internationalisation. A l’évidence personne n’est aujourd’hui en mesure de réfuter en bloc cette implacable analyse du capitalisme.

Aussi, la pensée économique et sociale de Marx gagnerait vivement à être dissociée du marxisme – en tant que doctrine philosophique et politique – si l’on souhaite clarifier les débats. On peut être marxien sans être pour autant marxiste. Ainsi, autant il nous semble qu’Olivier Besancenot a mille fois raison de vouloir mettre la question sociale au cœur des débats politiques, autant l’ossature de son programme politique empreinte de la révolution prolétarienne nous semble à la fois irréaliste et philosophiquement condamnable. En effet, ce que le marxisme a de plus contestable ce n’est pas tant qu’il aurait conduit au goulag en Russie – on pourrait toujours nous rétorquer que ce qui fut mis en place là-bas trahissait effrontément la doctrine – mais surtout qu’il tourne résolument le dos à toute philosophie des droits de l’Homme d’une part, et d’autre part qu’il ne cache pas sa haine de l’Etat ; haine de l’Etat paradoxalement partagée avec des Ordo libéraux comme l’économiste Fiedrich Hayek, éminent penseur du néolibéralisme. Or si une société sans droits individuels nous paraît inconcevable, une société de droits sans Etat de droit l’est moins encore.

Cependant, même si nous n’adhérons pas à la doctrine marxiste, la problématique de l’essence du capitalisme et des relations sociales tumultueuses qu’il engendre reste entière. Et déclarer benoîtement que le marché – dès lors qu’il serait « social et écologique » – doit demeurer la clef de voûte de tout projet économique et politique, c’est à l’évidence opter pour une épure sans substance.

Ce que nous devrions au contraire attendre des dirigeants socialistes – d’autant que bizarrement les thuriféraires de la sociale démocratie se situent tous à la droite du Parti socialiste – serait qu’ils engagent le débat sur une question somme toute fondamentale : Qu’est-ce que le politique ? Et partant de là décliner des problématiques qui en découlent : l’économique peut-il primer sur le politique ? Ou encore, le marché peut-il être tout puissant face à un Etat démocratique, et a fortiori à un Etat supranational comme l’Union européenne ? Ou enfin, peut-on opposer l’intérêt général au droit de propriété bien que proclamé inaliénable ? Malheureusement, force est d’admettre que ni les partisans de Bertrand Delanoë ni ceux de Ségolène Royal ne semblent aptes à ouvrir un tel débat. Or paradoxalement, même s’ils ne sont pas médiatisés, de tels débats ont lieu un peu partout en France dans nombre de clubs politiques qui éclosent. Est-ce un signe avant-coureur d’une prochaine vraie refondation de la gauche? Il est peut-être encore trop tôt pour l’affirmer mais nul doute qu’une telle effervescence intellectuelle produira ses effets sur le devenir du PS.
Nous nous garderons donc pour notre part de pronostiquer la prise en main future du parti par l’un ou l’autre camp, d’autant que pour des raisons de fond la gauche aurait tout à perdre que d’opter pour de tels candidats, indépendamment de l’engouement réel qu’ils suscitent.

Citoyens de gauche réveillez-vous, on vous hypnotise !

David Dahomay