samedi 29 mars 2008

Ni 39, ni 35: 32 heures?

L’heure étant à la remise en cause systématique des 35 heures, certains socialistes ont peur de défendre la réduction du temps de travail pour une société de partage de ce temps de travail et de redistribution des richesses. Alors que justement notre rôle, selon moi, est d’aller à contre-courant des idées reçues et de mener une véritable bataille culturelle, voici quelques points qui ne manqueront pas de susciter le débat.

Il faut tout d’abord énoncer une vérité: oui, les 35 heures n’ont pas profité à tout le monde. Elles ont créé énormément d’emplois et permis l’émergence d’une société de loisirs, mais certaines catégories de la population s’en sont mieux sorties que d’autres, notamment les cadres, les fonctionnaires, les classes moyennes en gros.

Pourquoi suis-je favorable à la semaine de 32 heures?

32 heures, c’est la possibilité de partager la semaine en deux dans l’entreprise: une équipe qui travaille 4 jours, une autre 3 jours, par exemple. A terme, des économistes comme Larrouturou prévoient, grâce aux 32 heures, la création de 1,6 millions d’entreprises.

Ne nous leurrons pas, la France est un des pays qui travaillent le plus en Europe: 36.4 heures en moyenne par semaine (source Eurostat), quand aux Etats-Unis on travaille 32 heures/semaine en moyenne. Pourquoi?

Tout simplement parce que nous rentrons dans une nouvelle ère de productivité, qui permet à l’Homme non pas de moins travailler, mais de mieux travailler. Après, deux choix de société s’offrent à nous: ou bien on profite de cette moins grande nécessité pour précariser l’emploi (assouplissement des 35 heures, qui ne créé aucun emploi mais en plus met les salariés face à la volonté unilatérale du patron), ou augmentation de sa qualité, et création d’emplois. C’était d’ailleurs un accord PS-Verts au début de la législature Jospin: les 35 heures tout de suite, les 32 heures dans la législature.

Et pour ceux qui prétendent que c’est tout simplement impossible, je citerai l’exemple de Mamie Nova (vous savez, les yaourts), qui applique déjà ce principe, ou Télérama, ou encore Ikéa, mais aussi certaines très petites entreprises.
Tout ceci se ferait bien entendu progressivement, avec des intéressements, des allègements et des incitations à l’emploi.
Alors, alors?

Repris de Victoire au poing et légèrement modifié.

5 commentaires:

Didier B a dit…

Travailler 32 heures, pourquoi pas?

Mais pour connaitre l'exemple d'IKEA, que tu cites : Il est exact que les employés à temps complet de cette entreprise bénéficient d'un temps de travail moyen de 32H20 par semaine (horaires modulés sur 1 an, minimum 21H, maxi 43H par semaine).

Mais, aucune embauche réelle n'a été réalisée depuis le passage aux 35 heures. Tout cela s'est perdu dans les nombreuses ouvertures de magasins qui ont eu lieu depuis 8 ans. On se contente de redistribuer les emplois existants sur les nouveaux magasins, et on augmente la productivité en ne remplaçant pas les départs.

C'est l'exemple type d'un bon système qui ne profite qu'à très peu de gens.

32 Heures? Oui, mais uniquement si cela est assorti d'une obligation d'embauche sur au moins 10 ans, et avec les contrôles qui conviennent.

Maxime a dit…

Pour l'exemple que tu cites, il est clair que l'embauche d'Ikéa n'est pas extraordinaire. Pourquoi? Eh bien tout simplement peut-être parce qu'ils sont quelque peu isolés, originaux dans notre système, qui n'incite pas franchement des entreprises audacieuses comme Ikéa à embaucher.
Mais il est certain que la responsabilité d'Ikéa dans cette absence d'embauche est prééminente, aussi je suis d'accord avec toi dans cette obligation de contrôles et d'obligation d'embauche. C'est un minimum si ces entreprises veulent obtenir des allègements de cotisations (et non de charges, rhaaa quand j'entends ça je mettrais des tartes. Bref.) sociales.

Cyril C a dit…

D'où la nécessité de dégager les marges de manoeuvres financières et faire les choses dans l'ordre, l'Etat montrant l'exemple et étant irréprochable. (Dois-je développer ?) Sinon, cette formidable idée aura le même destin qu'a réservé aux 35 heures notre société hypocrite.

Thierry D a dit…

Rappel : l'obligation d'embauche existait dans la loi initiale, en contrepartie de la flexibilité du salarié. Mais la seconde loi Aubry a levé toute obligation d’embauche !

Quant au patronat, il continue de militer contre les 35 heures, mais en même temps, il n'est pas prêt de revenir sur des équilibres qu’il a su négocier à son avantage, ni, évidemment, sur les exonérations de cotisations accordées par la loi.

D’où le choix des gouvernements de Droite d’éviter une remise à plat générale du système... et de préserver cet "épouvantail anti-Gauche". Cette Gauche qui n'a pu faire appliquer le vrai "donnant-donnant" prévu...

Source : http://www.humanite.fr/2003-10-07_Politique_35-Heures-Le-bilan-ambigu-des-35-heures

marc a dit…

je n'aime pas le terme 32h...je lui préfère semaine des quatres jours...