vendredi 29 janvier 2010

Interruption momentanée de l'interruption des communications

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vendredi 5 septembre 2008

Parti Socialiste : Quelle Démocratie interne ?

Voilà, j’ai décortiqué les contributions sous le seul angle de la démocratie interne. C’est, je l’avoue, un de mes dadas. Pourquoi ? Je ne crois pas à la notion de chef et j’y suis même profondément allergique. Partant de ce postulat, j’estime qu’il est donc d’organiser et de structurer le débat et de permettre ainsi de faire émerger des leaders.

Un autre élément, propre au PS, quoique, part du constat que ce dernier connaît une crise majeure qui va au-delà de la décennie écoulée. Le parti s’est coupé durablement des citoyens, des militants et des personnalités ou « courants » alimentant la réflexion socialiste, aussi sans pour espérer reconquérir et exercer pleinement le pouvoir nous devons renouer avec cet indispensable débat. A mon sens, si défaite idéologique il y a, c’est aussi du fait de notre propre assèchement théorique résultant de cette coupure avec cette République des idées.

Ce dernier constat est partagé par toute les contributions cependant le poser n’est en aucun cas en avoir terminé avec cette problématique. Il me paraissait donc intéressant de recenser les propositions de chacune des contributions.

Dernier préalable, toutes sont peu ou proue pour une discipline de parti… dont acte.

Hollande : La discipline de vote est la première condition de la crédibilité du PS. Conférence militante chaque année. 3 grandes conventions d’ici 2012.

Delanoë : Plein de bonnes intentions aucune proposition concrète.

Aubry : Rien si ce n’est se mettre au travail.

Dolez (debout la gauche) : Un constat fort mais aucune piste si ce n’est un appel à un révolution militante.

Gorce : Début de réflexion sur les nouvelles formes d’adhésion. Création de sections thématiques. Vrai formation des cadres. Mise en place de mécanismes de vote individuel. Vote par thème au lieu des motions. Transformer l’université d’été en une conférence nationale avec vote. Election du premier secrétaire avant le congrès. Fin de la proportionnelle mais reconnaissance des sensibilités par les statuts. Lancement des assises de l’Alternative ouvert aux militants politiques, associatifs…

Utopia : La démarche d’Utopia traversant d’autres partis, la logique est davantage transpartisanne, elle propose un cycle de conférences, des partenariats avec des cinémas indépendants, retisser le lien avec les intellectuels et une plus grande internationalisation.

Reconstruire à Gauche (Fabius
) : Relancer le travail par des conventions nationales et représentation des sensibilités à la proportionnelle.

Combattre et proposer (Royal) : Articulation autour de la démocratie participative englobant militants et sympathisants, d’une plus grande décentralisation du parti en donnant davantage de moyens aux fédérations. Droit d’interpellation et d’amendements donné aux associations, syndicats pour les congrès et conventions du parti.

Unité et refondations(s) (Fiterman) : Je partage son propos sur l’état du parti « Le PS se résume, dans son activité, à être un parti d’élus et d’aspirants à l’élection » mais pas de proposition.

Reconquêtes (Hamon, Emmanuelli) : une réelle déception pas de propositions hormis la création d’un parti de la Gauche.

Ayrault : contribution « localiste » et comme Reconquêtes création d’un parti de toute la gauche.


Besoin de Gauche (Pierre Moscovici) : Primaire ouverte pour la présidentielle 2012. Parti réseau qui associe citoyens et associations aux définitions programmatiques du parti. Développer des services pour les militants. Initiatives ouvertes au monde de la recherche, renouer avec les conventions thématiques. Télévision Internet pour diffuser les travaux du Conseil National.


La Ligne Claire : décentraliser le fonctionnement de l’appareil avec des accords cadres et des contrats d’objectifs passés entre Solférino et des comités Régionaux. Ce sont les fédérations qui passent des accords avec les autres partis de gauche. Le Bureau National est transformé en une assemblée de représentants des coordinations régionales. Généraliser la carte à 20 euros. Conventions thématiques ouvertes. Des primaires de masse pour toutes les élections. Limitation à deux mandats et trois mandats consécutifs. Structures intercommunales élues au suffrage universel. Mise en place d’un vrai statut de l’élu.

Réinventer la Gauche (Jean-Luc Mélenchon) : faire fonctionner le PS comme un mouvement d’education populaire. Limiter la taille des sections à cent adhérents. Mise en place des Assises de la gauche du 21ème siècle sans exclusive.

Pour un socialisme du XXIème siècle : Construire un réseau de relations permanentes avec le mouvement revendicatif. Améliorer le fonctionnement des sections en distinguant secrétaire de section et animateur de réunions et en formant ces derniers. Rendre obligatoire les comptes-rendus de réunions. Possibilité de faire des consultations de masse sur des sujets précis.

Changer (Marie-Noelle Lienemann) : Mandat unique dès les prochaines échéances électorales. Reconnaissance des courants. Création d’un centre d’études et de recherche, chargé de rendre accessible à tous les enjeux des débats. Tenue de conventions thématiques avec vote et droit d’amendements. Mise en place d’une université populaire permanente. Renforcer les secteurs thématiques avec possibilité d’adhérer à une section territoriale mais aussi à un secteur thématique.

D’abord redistribuer les richesses (Gérard Filoche) : thématique non abordée.

Brèves de campagnes (Marylise Lebranchu) : Inciter à la structuration des sections sur la base de l’intercommunalité sauf pour les grandes villes. Redonner des moyens aux structurations par profession. Fermer le Conseil National à la presse, régionaliser pour déparisianiser sa composition toujours sur la base de la proportionnelle au niveau des régions. Inflexibilité sur les écarts de conduite individuelle. Le Secrétariat National devra rassembler toutes les sensibilités ayant présenté une motion.

Pour un socialisme écologique : fil rouge du fonctionnement interne le développement durable. Si au moins 5 à 10% des militants ou du Conseil National jugent contraire une décision par rapport a la déclaration de principe, ils pourront obtenir la convocation d’un CN avec vote sur ce point. Des conventions nationales thématiques doivent se tenir régulièrement jusqu’en 2011 avec débats contradictoires, amendements et votes. Intégrer pleinement Internet dans les processus démocratiques. Eco exemplaire dans le fonctionnement et la gestion du parti avec un rapport annuel.

Urgence Sociale (Pierre Larrouturou) : Instauration du mandat unique pour les parlementaires et présidents d’exécutif, à tous les mandats d’ici 10 ans. Instauration de la parité dans tous les exécutifs. Cela sans attendre des mesures législatives. Mise en place d’un statut de l’élu. Limité le poids des élus à 30% dans toutes les instances du parti. Composition de celles-ci sur la base des élections régionales pour permettre une majorité d’action. Reconnaissance des motions et donc mise à disposition de moyens pour permettre leur fonctionnement avec accès au fichier. Utiliser Internet comme un outil de structuration du débat par thème mais aussi au niveau national, fédéral. Consulter plus régulièrement les militants par ce biais. Réfléchir à des nouvelles formes de militance plus adaptées aux modes de vie actuelle. Appliquer les statuts qui prévoient de réunir deux conventions thématiques par an en associant militants, syndicalistes, intellectuels…

Et si le parti restait socialiste : thématique non abordée.

Ce travail qui ne prétend pas à l’objectivité mais qui a juste pour ambition de mettre en parallèle les déclarations de chacun sur notre fonctionnement et les propositions concrètes visant à améliorer celui-ci, en un mot dépasser le seul cadre des incantations que nous entendons depuis plusieurs décennies.


source : Marc Vasseur

mardi 2 septembre 2008

La jeunesse de gauche a encore son mot à dire !

La jeunesse de gauche a encore son mot à dire !

Le Congrès de Reims du PS approche à grands pas et hélas les jeunes semblent être les derniers associés à ce grand rendez-vous… Pourtant, aujourd'hui c'est clair, les jeunes ont leur rôle à jouer ! La droite a imposé une vision faussée de la jeunesse. Elle idéalise une supposée jeunesse méritante qui veut travailler plus pour gagner plus, pendant qu'en parallèle « l'autre jeunesse » (étudiants, jeunes sans papiers, enfants de la banlieue, primo demandeurs d'emploi en galère, jeunes smicards, etc.), est stigmatisée parce qu'elle incarne en fait le contre modèle de l'idéal néolibéral de la jeunesse porté par la droite ! En outre, la jeunesse militante de l'UMP n'est ni la jeunesse « méritante » ni la jeunesse en proie aux difficultés quotidiennes de la vie. Au contraire, celle-ci est une jeunesse qui n'est en rien représentative de la jeunesse de notre pays.

Les jeunes sont encore nombreux à choisir le PS, mais le manque de confiance vis-à-vis de notre parti s'accroît tandis que, lors des élections, certains jeunes ne vont même plus voter. En réalité, le PS n'a pas correctement misé sur la jeunesse ces dernières années. Il a préféré laisser la réflexion sur la jeunesse au seul MJS, à la marge donc… Celui-ci plutôt que de repenser la place de la jeunesse à gauche s'est au contraire enfermé dans les jeux de pouvoir. Puisant ses références chez Guesde plutôt que chez Jaurès, le MJS n'attire pas les jeunes citoyens. Son incapacité à tenir un discours réformiste comme ses pratiques passéistes contribuent à la perte de confiance des jeunes envers le PS. De plus, le MJS s'avère malheureusement incapable de conserver durablement en son sein ses adhérents. Au sujet de l'Université, le MJS répond aux abonnés absents : parmi les contributions thématiques hormis le texte L'université de demain, rédigé par des jeunes issus du syndicalisme et de l'associatif, aucun autre texte ne traite de cette question alors que 1,5 millions jeunes poursuivent des études supérieures ! La gauche a vaillamment combattu pendant des mois les projets de la droite qui touchaient la jeunesse et l'université comme le CPE et la LRU, alors est-ce normal d'avoir si peu de contributions portant sur ces thèmes ? Nous regrettons enfin que dans la contribution présentée par la majorité du MJS apparaisse encore la revendication imprécise d'une allocation universelle pour les jeunes. Cette revendication égalitariste porté depuis des années par les mêmes organisations de jeunesse illustre les limites actuelles d'organisations trop bridées.


Jeunes et fiers de nos valeurs de Gauche et attachés à notre parti, nous voulons réfléchir sur le fonctionnement de la société dans sa globalité. Si des sujets qui, par tradition, sont le terrain privilégié de la jeunesse (débat sur l'autonomie des jeunes et l'insertion professionnelle après les études) restent importants, nous refusons qu'ils délimitent notre engagement politique. Cela signifie que nous voulons être par exemple entendu sur les retraites, les 35h… Ces enjeux sont primordiaux pour notre avenir. Un constat enfin : les jeunes sont de moins en moins attirés par le PS et donc par la promotion de son projet global de société. Parce que celui-ci s'est éloigné de leurs préoccupations quotidiennes, ceux-ci choisissent de s'engager pour des causes plus pratiques (l'Humanitaire) ou qui touchent directement leur quotidien (lutte contre la précarité, pour le logement). Parce que nous ne prétendons pas détenir toutes les solutions et parce que demain il nous faudra être politiquement innovant, il est plus que jamais nécessaire de renouer un dialogue transgénérationel durable entre jeunes et intellectuels. Enfin, ces dernières années, le politique a été trop rarement à l'écoute de la société civile. Or il y a des leçons qu'il ne faut pas oublier : après sa défaite en 1995, Lionel Jospin s'était attelé à une reconstruction idéologique du PS qui a pu préparer la victoire de 1997. De même Nicolas Sarkozy a réformé son parti à travers 21 conventions thématiques durant près de deux ans avant l'élection présidentielle.

Parce que nous aimons notre parti, il est temps que se lève chez les socialistes une autre jeunesse, une jeunesse qui ne soit ni la jeunesse bling bling de droite, ni la jeunesse archaïque du MJS. Une jeunesse de gauche ouverte sur l'extérieur qui refuse aussi bien le discours de compromis avec le néolibéralisme que le discours dirigiste où les ensembles collectifs priment toujours sur l'Individu. Cette jeunesse est porteuse d'un projet où l'humain est au centre du discours. Chaque homme doit être libre dans ses choix et surtout doit bénéficier, au plan économique, de quoi vivre dignement. Voilà ce que doit défendre la jeunesse de gauche : la dignité humaine. Défendre la dignité de l'homme, cela veut dire que nous voulons être respectés. Faire qu'aujourd'hui et demain, nous puissions vivre dignement, cela veut dire qu'il faut agir en direction de la personne en tant que telle, en prenant en compte les diversités et donc en évitant les réflexions généralisantes qui nient, au plan économique et social comme au plan sociétal, nos différences.

Entre le libéralisme économique et le dirigisme passéiste, la jeunesse de gauche propose donc une autre voix pour remédier au désordre établi. Celle-ci doit se donner tous les moyens de son ambition. À ceux qui veulent la voir bâillonnée, elle répond au contraire, qu'aujourd'hui plus que jamais, elle a encore son mot à dire !



Source : Diego MELCHIOR, section de Sciences Po, Barnabé LOUCHE, section de Privas

samedi 5 juillet 2008

Les contributions socialistes en 1 clic.

Sur les 21 contributions répertoriées, 20 sont présentes dans le “package ” !


En voici la liste :
1- Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France (F Hollande)

- Clarté, Courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain (B Delanoë)
3- Une vision pour espérer, une volonté pour transformer (M Aubry)
4- Debout la gauche ! (M Dolez)
5- Aux militants (G Gorce)
6- Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes (Utopia)
7- Reconstruire à gauche (L Fabius)
8- Combattre et proposer (S Royal)
9- Unité et refondation (s) ! (F Leveillé, GP Langevin, P Joseph, C Fiterman, etc)
10- Reconquêtes (B Hamon & H Emmanuelli)
11- Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste (JM Ayrault)
12- Besoin de gauche (SD & RM)
13- La ligne claire (G Collomb et JN Guérini)
14- Réinventer la gauche (JL Mélenchon)
15- Pour un socialisme du 21ème siècle en France (P Jacquemin)16- Changer (MN Lienemann & P Quilès)
17- D’abord, redistribuer les richesses (A Vidalies)
18- Brèves de campagne (ML Lebranchu)
19- Pour un socialisme écologique (G Guibert)
20- Urgence sociale (P Larrouturou)
21- Et si le Parti restait socialiste (J Fleury)

source : Donatien.

samedi 28 juin 2008

Les contributions socialistes

- La contribution de Marilyse Lebranchu : c'est ici .

- La contribution Recontruire la Gauche de (Laurent Fabius) :
c'est ici.

- La contribution Socialisme et Démocratie (Pierre Moscovici) : c'est ici (non )

- La contribution de Martine Aubry : c'est ici.

- La Ligne Claire (Gérard Collomb et Jea-Noël Guérini et Manuel Valls) : c'est ici

- La contribution Réinventer la Gauche (Jean-Luc Mélenchon) : c'est ici.

- La contribution Changer la vie (Marie-Noëlle Lienemann) : c'est ici.

- La contribution de Nouvelle Gauche (Pierre Larrouturou) : c'est ici.

- La contribution de Démocratie et Socialisme (Gérard Filoche) : c'est ici.

- La contribution d'Utopia : c'est ici.

- La contribution Combattre et Proposer (Ségolène Royal) :
c'est ici

- La contribution de Reconquêtes (Benoit Hamon et Henri Emmanuelli) : c'est ici.

- Pour un socialisme écologique : c'est ici.

- La contribution de François Hollande : c'est ici.

- La contribution de Gaetan Gorce : c'est ici.

- LA contribution Debout la Gauche ! (Marc Dolez) : c'est ici.




vendredi 27 juin 2008

Pour une nouvelle sécurité Sociale

La lente désindustrialisation des pays dits développés, de l’Europe et de la France doit autant à des mécanismes exogènes qu’à des mécanismes endogènes.

Avant tout, l’accélération de la globalisation tient à l’avantage comparatif que confèrent aux pays émergeant des législations sociales, fiscales environnementales bien plus légères que les nôtres. Elle tient aussi à un coût du travail qui, pour longtemps encore, est susceptible d’absorber la hausse du prix de l’énergie, des matières premières et du transport des marchandises. Autrement dit, malgré les investissements directs qui se poursuivent des pays du Sud dans les pays du Nord liés au gonflement des fonds souverains notamment, on ne voit pas bien comment peuvent s’enrayer les délocalisations. Or un emploi industriel qui disparaît correspond à la destruction de 3 à 5 emplois "périphériques" qui, souvent, ont l’avantage d’absorber une main d’oeuvre peu qualifiée.

Une fiscalité imbécile

Inventé en 1975 par Jacques Chirac, l’assiette de la taxe professionnelle était constituée d’un pourcentage de la masse des salaires et de la valeur d’achats des immobilisations. Conscient que ce nouvel impôt pouvait constituer un frein "fiscal" à l’emploi, le gouvernement de Lionel Jospin, de 2000 à 2002, a progressivement supprimé la partie salariale de l’assiette. Il reste que, compte tenu des avantages comparatifs que confèrent aux pays dits développés les investissements productifs, nous serions avisés de refondre le plus vite possible un impôt que François Mitterrand n’hésita pas à qualifier en son temps d’impôt imbécile !

L’émergence de la CSG

Mais, c’est avant tout en matière de fiscalité sociale qu’il faut trouver les raisons endogènes à la lente désindustrialisation de notre pays. Avant la mise en oeuvre de la CSG (Contribution Sociale Généralisée), l’assiette des cotisations sociales était constituée des seuls revenus du travail : revenus des salariés et revenus des professions libérales et agricoles. Les revenus de la rente produite par la perception de loyers ou bien d’intérêts liés aux actions et aux obligations, les profits des entreprises sont encore aujourd’hui pour l’essentiel exemptés de fiscalité sociale. Le gouvernement de Michel Rocard en 1991 a sensiblement modifié la donne en ouvrant une autre voie par la mise en place d’une cotisation sur l’ensemble des revenus d’activité, adossant de fait l’assiette de la CSG à la valeur ajoutée. La CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale) créée en 1996 par le gouvernement d’Alain Juppé a curieusement prolongé le dispositif. La CSG et le CRDS ne sont ni plus ni moins que l’embryon de l’idée d’une Cotisation sur la Valeur Ajoutée généralisée et se substituant au régime des cotisations tel qu’il s’applique aujourd’hui aux seuls revenus du travail.

Implosion de notre système par répartition

Depuis 1983, dans les pays du G7, la part des salaires dans le PIB a glissé de 5.8% entre 1983 et 2006. Pour la France, c’est 9.3% selon l’INSEE. Cela signifie, de façon corollaire, que les autres revenus (rentes et profits) regroupés sous la désignation d’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) ont augmenté dans la même proportion. Le fait que la France soit l’un des pays les plus concernés n’est pas dû au hasard. Les acteurs économiques ont parfaitement entérinés l’élément selon lequel les revenus du travail étaient aujourd’hui lourdement fiscalisés. Notre fiscalité sociale a très largement contribué à l’explosion des stocks-options qui, pour l’heure, malgré les multiples rapports de la cour des comptes, restent exonérés de cotisations sociales. Par ailleurs, en multipliant les régimes dérogatoires en faveur des bas salaires, les pouvoirs publics transfèrent la charge de la fiscalité sociale vers l’impôt. Or depuis 30 ans, la part de l’impôt sur le revenu et sur les bénéfices dans le produit des recettes de l’Etat est en baisse constante. Nous organisons, par notre fiscalité, la faillite de nos régimes sociaux. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous espérer la création d’une 5ième branche alors que nous peinons à financer le reste ?

TVA sociale : un leurre "idéologique"

Face à ces questions centrales qui touchent à la cohésion sociale et aussi à la compétitivité des entreprises, la réponse des conservateurs s’organise. Que ce soit au Danemark ou en Allemagne, les gouvernements ont fait le choix de la mise en oeuvre d’une TVA "sociale" qui n’est, au final, que l’augmentation des taux de la TVA de ces pays appliqués en partie ou en totalité à l’ensemble des produits consommés. C’est le consommateur qui supporte la charge de la fiscalité sociale ramenant l’idée de la progressivité de l’impôt aux oubliés de l’histoire. Or, on le sait, la hausse de 1 à 2% de TVA n’impacte pas de la même façon les bas et les hauts revenus sachant que le taux d’épargne s’élève avec le niveau de revenu.

La nécessité de la mise en oeuvre de la CVA

En appliquant un taux unique de cotisation (sur la valeur ajoutée), cela permet de lisser la fiscalité sociale à l’ensemble des revenus d’activité. En abaissant la fiscalité sociale sur l’emploi et les entreprises, nous pouvons espérer un accroissement de la compétitivité et aussi un transfert important de fonds de l’économie financière vers l’économie réelle, un renforcement de l’autofinancement et, au premier chef, une reprise de l’investissement productif et de la croissance interne. La mise en oeuvre de la CVA est aussi la garantie, par l’élargissement de l’assiette et la suppression des plafonds, du maintien du régime de répartition. La mise en place d’un système par capitalisation a deux défauts majeurs : il contribue au gonflement de l’épargne de précaution et de la bulle spéculative ; il engendre de l’incertitude quant à l’avenir et risque de provoquer de nombreux freins à la consommation. En faisant le choix de la mise en oeuvre de la CVA, nous faisons le choix de l’efficacité économique et sociale !


source : Emergence(s)

vendredi 20 juin 2008

Un socle commun. Le livre noir du Libéralisme (2)

(Chapitre 1) : Dire la vérité.

Chapitre 2 : Dire la gravité.

La régulation au service de la croissance

L’économiste Patrick a sorti un livre en 2005 intitulé « le capitalisme est entrain de s’autodétruire » est pour cause puisque si le cash et les dividendes augmentent toujours plus, l’investissement stagne. Pour lui, « un capitalisme sans projet est condamné à s’autodétruire. Dans ces conditions, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour accréditer la thèse d’une crise mondiale ; d’autant plus que les trois régulations qui ont été à l’œuvre durant les trente glorieuses. Quelles étaient-elles ?
- Ford : ce capitaliste disait que si la croissance va s’étouffer si on ne fixe pas des règles du jeu collectives. C’est la crise des années 30 et la sortie de la 2eme Guerre Mondiale qui amèneront à mettre en place les moyens de ces règles.
- Beveridge : il publie en 42 un rapport sur le système d’assurance sociale. Pour lui, le capitalisme pour fonctionner a besoin d’une demande forte et régulière, aussi la dépense sociale est un facteur de croissance économique car elle permet d’assurer cette régularité.
- Keynes, bien sur pour qui l’Etat doit intervenir pour assurer la croissance.
Aujourd’hui, tous ces mécanismes sont consciencieusement mis à mal voire caricaturer alors que l’absence de toute régulation nous ramène bien avant 1914. Malgré cela, la croissance bien que moins forte sur ces deux dernières décennies est toujours… comment ?

La spirale de l’endettement.

C’est par l’endettement des ménages que les Etats-Unis ont pu éviter la déflation. Entre 1997 et 2007, le crédit à la consommation a tout simplement doublé, passant de 1225 milliars de dollars à 2450 milliards. Deuxième levier, les cartes de crédit et enfin, les crédits hypothécaires, seulement autorisés en France depuis Villepin. Enfin, et on n’en voit seulement les conséquences depuis quelques mois les fameux subprimes, encouragés par les banques qui voyaient leur revenu diminuait du fait d’un engorgement du crédit immobilier.
Les subprimes : le principe est relativement simple, un établissement peut prêter jusqu’à 125% de la somme nécessaire à l’achat avec un remboursement du capital différé partiellement ou en totalité sur les deux premières années. Les banques avaient intérêt à prêter à des personnes n’ayant pas les ressources, cela permettait d’alimenter le marché et théoriquement ils faisaient un bénéfice en reprenant le bien des non-solvables. En prime, les banques ne gardaient pas ces prêts dans leur bilan. Elles les « tittrisaient » en faisant des paquets et les revendaient à d’autres investisseurs… et ainsi de suite… bref fromage et dessert… sauf que si les arbres ne montent pas au ciel, le prix de l’immobilier non plus. L’autre enseignement de cette crise des subprimes, c’est le cynisme d’un modèle qui encourage la précarité et se nourrit sur celle-ci. Cette propension à l’endettement n’est pas propre aux Etats-Unis. En Europe, la dette privée est passé de 75% à 145%, ce qui fait dire à Patrick Arthus que sans l’endettement des ménages, la croissance dans zone euro aurait nulle voire en récession dans certains pays comme l’Angleterre.

Selon le groupe d’économistes du centre Bruegel qu’au regard des déséquilibres accumulés, la question n’est pas de savoir si il aura ou non un ajustement mais bien quand et avec quelles conséquences ?

Et la chine ?
C’est sans doute en chine que les conséquences d’une récession américaine se feraient le plus sentir car le dynamisme chinois est fortement dépendant de la consommation américaine. Et bien plus encore si l’Europe et le Japon le sont également puisque 61% des exportations asiatiques se font vers ces zones économiques.

L’autre moteur de la croissance chinoise réside dans l’investissement qui atteint 50% du PIB qui repose en partie sur une bulle immobilière où pour par exemple pour le seul premier 2006 26% du marché n’avait trouvé preneur alors que dans le même temps, les investissements ont augmenté de 20%.

Au final, le miracle chinois a de grande similitude avec "l'exemple japonais" qui s’est évanoui dans l’éclatement de la bulle immobilière survenue au début de 1990… le Japon ne s’en est pas encore relevé. Par ailleurs, quelles seraient les conséquences sociales d’une crise comparable dans un pays où les travailleurs payent le prix fort de cette croissance. A cela, il faut ajouter que celle-ci malgré son niveau élevé, n’est pas en mesure de faire face à la croissance de la population en age d’arrivée sur le marché du travail (ministre du travail chinois) sans compter le flux des ruraux accourant dans ces zones de croissance.

* Complément de lecture sur la Chine : l'article de Christian Sautter pour Betapolitique.

source Marc Vasseur

jeudi 19 juin 2008

Pour une Europe Fédérale

Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’échelle de l’Europe sera celle où on pourra développer les politiques pour l’avenir. Croit-on pouvoir mener une politique sociale ambitieuse à l’échelle nationale dans le contexte de la mondialisation ? Pourra-t-on répondre aux catastrophes écologiques en cours sans une cohérence européenne ? Ne doit-on pas faire émerger une diplomatie européenne forte quand l’hégémonie des Etats-Unis est de plus en plus contestée ? Il faut une Europe intégrée, bien plus intégrée. Pour être plus puissante et plus cohérente. Ces questions étant fondamentales, les réponses doivent être démocratiques. Prenons l’exemple du domaine social. La concurrence fiscale et sociale entre les pays de l’Union Européenne est destructrice, tirant chaque pays vers le bas. Pour lutter contre, il faudra construire un modèle social européen unifié. Dans un débat qui ne pourra être que démocratique. Une Europe puissante, cohérente et démocratique ne saurait être autrement que fédérale.

Quelle serait la forme d’une Europe fédérale ? Pour la cohérence et la démocratie il faut un organe qui soit strictement européen, non une émanation des Etats, et démocratique. C’est au Parlement Européen de jouer ce rôle. Le Parlement Européen doit être fort, c’est-à-dire être le législateur principal en même temps que le contrôleur de l’action exécutive. Un vrai parlement quoi. Il doit être démocratique et européen : élu au suffrage universel direct, à la proportionnelle, sur des listes européennes. Avec de tels pouvoirs et un tel mode d’élection, les différents partis nationaux devront se regrouper dans de réels partis européens, cohérents, dotés de programme vraiment politiques et permettront qu’il y ait un débat sur la direction de l’Europe. Pas comme aujourd’hui.

Il ne s’agit pas non plus de faire disparaître les Etats. Ils peuvent garder une large autonomie. Qui peut nier par exemple que les différents Etats des Etats-Unis d’Amérique ont une large autonomie ? On peut ainsi imaginer un Sénat regroupant des élus au suffrage direct mais dans les cadres nationaux. On aurait ainsi une assemblée représentant les Etats à côté d’une assemblée représentant le Peuple. Chacun garderait à côté ses institutions nationales dont il faudra définir précisément les rapports avec les institutions fédérales.

Quoiqu’il en soit, les institutions européennes doivent émaner du peuple. Car c’est le peuple qui est le souverain naturel, c’est lui le pouvoir constituant. Peut-on accepter que des traités ayant un caractère constitutionnel, ils organisent les institutions, soient conçus et adoptés sans recourir directement au peuple ? Prenons le traité de Lisbonne : négocié par des représentants élus pour exercer la fonction exécutive et voté par d’autres représentants élus pour exercer la fonction législative. Personne dans cette affaire n’a reçu un mandat constituant de son peuple. Pour refonder des institutions de cette importance le principe démocratique exigerait une toute autre formule : une Assemblée Constituante Européenne, élue au suffrage universel direct dans un scrutin de liste européen, présentant un projet au peuple, celui-ci l’acceptant ou non dans un unique référendum européen. Convoquer une telle assemblée serait déjà un événement de type fédéral : ce serait concevoir l’Europe comme un tout uni et cohérent et plus comme une somme d’Etat.

Enfin, le traité de Lisbonne n’est à mon goût ni bon ni mauvais. Il ne changera, si on outrepasse le vote irlandais, rien de fondamental. De même, si on en reste au traité de Nice, l’Union Européenne continuera à voguer au rythme des négociations étatiques pour s’arracher un bout de quota. Il manque d’ambition, de vision. On se plaint que l’Europe ne plaise plus aux peuples. Ou que ceux-ci votent sans comprendre le traité qu’on leur soumet. Et bien, proposons un texte institutionnel simple et ambitieux qui saura faire valoir une vision et une volonté exaltante de l’avenir européen. Et on verra si le vote est mauvais !

Bref, c'est seulement en construisant une Europe politique, et donc fédérale, qu'on pourra en faire quelque chose, débattre, avancer.


Colin

jeudi 12 juin 2008

Qu'est ce qui nous sépare ?

Alors que je m’apprêtais à écrire un nouvel article consacré au théâtre d’ombres que nous offre notre premier secrétaire, François Hollande… cette interrogation m’est venue presque naturellement. Car au fond, à lire les premières ébauches de texte dans la perspective de ce congrès, je m’aperçois que beaucoup de nos dirigeants vivent dans une sorte de nostalgie de l’ère Jospin…

Ahhhh quelle formidable époque que ces années 97-2002… Le temps du socialisme triomphant, de la bonne gestion aux bons résultats économiques… pour un peu, ils rêveraient d’inventer la machine à remonter le temps. Après réflexion, j’en viens à me demander si ce gouffre qui peut me séparer d’eux, ce n’est pas au final ce fameux fossé générationnel.

Car ce doux come-back semble renvoyer un écho troublant… ces fameuses 30 glorieuses… ce moment d’abondance, d’insouciance et de jouissance… car tous ou presque ont grandi dans ce climat peu propice à l’innovation, aux interrogations existentielles et cependant concrètes du « comment survivre dans ce monde ? »….

Moi… désolé pour ce narcissisme… j’ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence dans de toutes autres conditions… rareté, instabilité, précarité… le SIDA, le chômage, pauvreté… qui plus est, d’une intelligence moyenne, je n’ai pas été préservé par le cocon des grandes écoles… haut lieu de reproduction des élites mais aussi d'enferment vis-à-vis du monde extérieur.

Une autre différence qui n’est pas non plus étrangère à ma perception d’une nouvelle citoyenneté, le début de la démocratisation de l’informatique et sa généralisation non plus en des termes techniques mais bien en tant qu’outils.

Voilà comment j’explique ce décalage avec nos, mes dirigeants… d’un coté l’illusion d’un retour au temps d’avant, de l’autre une génération a qui on demande de s’adapter en permanence et à vivre avec moult épées de Damoclès … fatalement, cela provoque un certain nombre d’incompréhensions.

Une des plus significatives pour moi porte sur la croissance économique. La grande majorité de nos dirigeants politique au PS ne cesse de nous parler de mesures pour relancer la croissance… certes… cependant, je constate que de plus en plus d’économistes de renom s’interrogent de plus en plus ouvertement sur celle-ci et ses conséquences sur la planète…

Je rejoints complètement cette problématique… croissance ok mais croissance durable… au-delà des mots… et force est de constater qu’on est loin, très loin du compte pour le deuxième terme. Et toujours sur ce thème, en évacuant cette notion de durable, qu’est ce qui fait qu’on peut revenir à ce cycle salvateur de croissance forte alors que sa tendance est baissière depuis plus d’un demi siècle et entretenue depuis plus d’une décennie par un endettement croissant des ménages ? (je suis désolé les aléas font que je n’ai pas eu le temps de résumer le chapitre 2 de Larrouturou qui aborde ce point)

Voilà où j’en suis dans mes interrogations, mes questionnements à quelques mois d’un congrès annoncé déterminant et qui s’achemine à nouveau vers des accords boiteux au détour d’un couloir entre personnes d’une même génération. Vous me direz… les quadras… oui… mais n’oublions pas qu’un certain nombre a été nourri par l’appareil… donc fatalement ça formate aussi une certaine forme de pensée.


Marc Vasseur

samedi 7 juin 2008

D’autres choix sont possibles au PS

Malgré toute la considération qu’on lui porte, Il faut bien avouer que l’on a connu un Alain Duhamel plus alerte dans ses analyses politiques. En effet, sa dernière chronique (les nouveaux bretteurs du PS) publiée récemment dans le quotidien Libération nous laisse perplexe. A le lire, nous sympathisants socialistes n’aurions finalement d’autres choix que d’avoir à plébisciter l’une des deux écuries : Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. La messe est dite, circulez, il n’y a plus rien à espérer comme autres scénarii. Mais sur quoi se fonde ce clairvoyant chroniqueur pour asséner une telle certitude ? Les sondages, essentiellement les sondages.

La vie politique française se réduirait dorénavant aux seules cotes de popularité de nos femmes et hommes politiques et aux enquêtes d’opinions. Quid donc de l’importance à accorder aux débats de fond ? Oui, la seule chose qui prévaut désormais est le degré de sympathie qu’untel ou untel inspire aux Français, l’armature idéologique et intellectuelle de ces nouveaux people devenant tout à fait subsidiaire, pourvu qu’elle ne sorte pas de la pensée unique.

D’autant que nombre de faiseurs d’opinions nous assènent sempiternellement cette soi-disant lapalissade : la gauche française sera sociale démocrate ou ne sera pas. Et s’il est vrai qu’il existe au moins un point commun entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, c’est bien celui d’une même option sociale démocrate, à quelques subtiles nuances près. Nous militants de gauche archaïques serions donc sommés d’abandonner nos vieux rêves ringards d’un monde radicalement autre. Place aux réformistes pragmatiques en phase avec la réalité et bons connaisseurs des rouages de la chose publique.

Pourtant, s’il y a au moins un débat à nos yeux essentiel pour l’avenir de la gauche, c’est celui de l’analyse de l’ordre social actuel et des causes qui l’engendrent. Aussi, de quelle réalité sociale parle-t-on, trop souvent tue par nos élites médiatico-politiques ? De la fin de l’ascenseur social pour les catégories les moins favorisées, de la baisse généralisée du niveau de vie, de la dégradation sans précédent des conditions de travail, de l’explosion de la précarité et des inégalités salariales, de l’inquiétante augmentation de la pauvreté depuis deux décennies en France. Et cette réalité est aussi cruellement celle de l’Angleterre et de l’Allemagne, pays dont on vante malgré tout les politiques sociales démocrates. Est-ce d’ailleurs un hasard si le parti de la gauche radicale allemande (le Die Linke) est en train de monter en puissance ?

Et lorsque l’on s’efforce de comprendre globalement le système économique et social en place, nul doute que la critique marxienne du capitalisme devient extrêmement pertinente. Est-ce par pure coquetterie intellectuelle qu’à nouveau tant de livres fleurissent sur Marx, s’il est tant cité et débattu aujourd’hui, au point que certains néolibéraux à l’instar d’Alain Minc reconnaissent la force de son analyse ? Mais que nous dit Marx sur le capitalisme de si profond ? Que les régimes coloniaux et la traite négrière permirent l’accumulation première du capital européen. Que de la richesse produit encore plus de richesse. Que l’exploitation de la force de travail par le capital – jusqu’à l’aliénation – est consubstantielle à ce système économique basé sur la propriété privée des moyens de production. Et qu’enfin pour perdurer ce système a besoin de s’étendre, d’où son internationalisation. A l’évidence personne n’est aujourd’hui en mesure de réfuter en bloc cette implacable analyse du capitalisme.

Aussi, la pensée économique et sociale de Marx gagnerait vivement à être dissociée du marxisme – en tant que doctrine philosophique et politique – si l’on souhaite clarifier les débats. On peut être marxien sans être pour autant marxiste. Ainsi, autant il nous semble qu’Olivier Besancenot a mille fois raison de vouloir mettre la question sociale au cœur des débats politiques, autant l’ossature de son programme politique empreinte de la révolution prolétarienne nous semble à la fois irréaliste et philosophiquement condamnable. En effet, ce que le marxisme a de plus contestable ce n’est pas tant qu’il aurait conduit au goulag en Russie – on pourrait toujours nous rétorquer que ce qui fut mis en place là-bas trahissait effrontément la doctrine – mais surtout qu’il tourne résolument le dos à toute philosophie des droits de l’Homme d’une part, et d’autre part qu’il ne cache pas sa haine de l’Etat ; haine de l’Etat paradoxalement partagée avec des Ordo libéraux comme l’économiste Fiedrich Hayek, éminent penseur du néolibéralisme. Or si une société sans droits individuels nous paraît inconcevable, une société de droits sans Etat de droit l’est moins encore.

Cependant, même si nous n’adhérons pas à la doctrine marxiste, la problématique de l’essence du capitalisme et des relations sociales tumultueuses qu’il engendre reste entière. Et déclarer benoîtement que le marché – dès lors qu’il serait « social et écologique » – doit demeurer la clef de voûte de tout projet économique et politique, c’est à l’évidence opter pour une épure sans substance.

Ce que nous devrions au contraire attendre des dirigeants socialistes – d’autant que bizarrement les thuriféraires de la sociale démocratie se situent tous à la droite du Parti socialiste – serait qu’ils engagent le débat sur une question somme toute fondamentale : Qu’est-ce que le politique ? Et partant de là décliner des problématiques qui en découlent : l’économique peut-il primer sur le politique ? Ou encore, le marché peut-il être tout puissant face à un Etat démocratique, et a fortiori à un Etat supranational comme l’Union européenne ? Ou enfin, peut-on opposer l’intérêt général au droit de propriété bien que proclamé inaliénable ? Malheureusement, force est d’admettre que ni les partisans de Bertrand Delanoë ni ceux de Ségolène Royal ne semblent aptes à ouvrir un tel débat. Or paradoxalement, même s’ils ne sont pas médiatisés, de tels débats ont lieu un peu partout en France dans nombre de clubs politiques qui éclosent. Est-ce un signe avant-coureur d’une prochaine vraie refondation de la gauche? Il est peut-être encore trop tôt pour l’affirmer mais nul doute qu’une telle effervescence intellectuelle produira ses effets sur le devenir du PS.
Nous nous garderons donc pour notre part de pronostiquer la prise en main future du parti par l’un ou l’autre camp, d’autant que pour des raisons de fond la gauche aurait tout à perdre que d’opter pour de tels candidats, indépendamment de l’engouement réel qu’ils suscitent.

Citoyens de gauche réveillez-vous, on vous hypnotise !

David Dahomay



vendredi 6 juin 2008

Quand le pétrole s'en va...

Pêcheurs en grève. Routiers en grève. Agriculteurs en grève. Taxis en grève. Ambulanciers en grève. Tout ça pourquoi ? Pour une seule et même raison : le pétrole. Le pétrole qui flambe. Qu’est ce qu’ils veulent les bougres ? Que l’Etat leur assure le carburant moins cher. Histoire de continuer à gagner de l’argent quand ils travaillent. On les comprend. Mais le problème est bien plus large que ça. Le pétrole cher ça pourrait bien ne pas s’arrêter de si tôt. Voire ne pas s’arrêter du tout. D’où vient ce prix ? On parle de spéculation. C’est vrai que depuis l’éclatement de la bulle sur l’immobilier américain, les spéculateurs en tout genre sont revenus aux bons vieux profits sur les matières premières. Avec les conséquences qu’on sait sur les prix de l’alimentaire mondial. Et les matières premières, c’est aussi le pétrole. Sauf que l’effet de la spéculation sur le prix du baril, pour réel qu’il soit, ne serait bien que l’écume sur la vague. D’autres causes bien plus profondes sont aussi bien plus inquiétantes pour l’avenir, au moins économique, de la planète. La principale, c’est sûrement que la consommation n’a jamais été aussi élevée. Surtout avec le développement à réaction de la Chine et de l’Inde. Et puis, les pays producteurs ont appris depuis quelques décennies à ne plus se laisser pomper par les compagnies européennes et américaines. S’ajoute une autre cause, qui ne joue peut-être pas encore vraiment, mais qui sera réellement problématique dans les années à venir : la pénurie. Ben oui, le pétrole c’est pas comme l’or de Midas. Quand y en a plus, y en a plus.

Mais prend-on vraiment conscience du bouleversement que représentera la hausse continue des prix du pétrole puis la pénurie ? Les conséquences économiques et sociales seront énormes. Car aujourd’hui, TOUT repose sur le pétrole. Prenons l’exemple de l’alimentaire. La plus grande partie de ce qu’on bouffe est issu d’une agriculture productiviste. C'est-à-dire qui produit sur d’énormes surfaces exploitées grâce à des machines qui fonctionnent…au pétrole. Qui nourrit ses cultures avec des produits qui contiennent… du pétrole. Qui nécessite, pour rejoindre les centres urbains de consommation, des transports roulant… au pétrole. Et on va acheter tout ça au supermarché… avec du pétrole. Les prix de l’alimentation risquent donc bien d’exploser d’une telle façon que la famine, on la connaîtra aussi. De manière générale, nous sommes dans une économie mondialisée qui regroupe des nations spécialisées et interdépendantes. Ce système est viable tant que les coûts de transport sont minimes… Et tout cela sans compter l’effet kiss cool du pétrole à tout crin, le réchauffement et autres désastres environnementaux, qui nous rappellera un jour qu’à trop jouer les apprentis sorciers c’est peut-être à notre fin biologique que nous courrons.

En gros, je pense que nous sommes à l’aube d’une période très difficile, très compliquée. Une période où il faudra repenser tout l’ordre économique du monde en cherchant à limiter au maximum les conséquences sociales. Si on laisse faire la jolie technique du libéralisme économique ? Oh oui, les « anomalies » seront corrigées. Mais en combien de décennies ? Pour quel coût humain ? Non, il faudra repenser des solutions plus ou moins dirigistes, concertées, volontaristes, pour rendre possible une transition vers une économie en partie relocalisée. En agriculture comme en industrie. Et il faut être honnête, oser affirmer que la société de surconsommation on devra l’oublier. Finis les cadeaux bonux en plastique. Ben oui, le plastique c’est du pétrole aussi, et puis c’est fabriqué en Chine tout ça, transporté à coup de pétrole. Décroissance ? Si ça continue, nous n’aurons pas le choix.

Alors voilà. Une volonté qu’il nous faut. Pour reconvertir des activités condamnées (comme la pêche telle qu’on la pratique aujourd’hui par exemple), pour soutenir ceux qui n’arriveront pas à s’adapter, pour pousser la recherche. Il faut le dire, l’assumer et proposer une vision. Tout ça nécessite évidemment une réflexion de long terme et une intervention publique (donc il faudra s’atteler à repenser la fiscalité, ça pourrait bien être nécessaire…). Volonté, vision, honnêteté. Peut-on en attendre autant de notre gouvernement ? Il est clair que non. Y-a-t-il quelqu’un au PS capable d’assumer une telle position ? J’ai peur de la réponse.

Pessimiste ? On verra…


Colin

jeudi 5 juin 2008

Un socle commun. Le livre noir du Libéralisme (1).

Voilà, la semaine dernière, je vous avais proposé de commencer un cycle issu du livre de Pierre Larrouturou intitulé « Le livre noir du libéralisme »… Cette démarche peut sembler curieuse de vouloir synthétiser un ouvrage. En fait, cela correspond aussi à un objectif somme tout assez égoïste en me mettant au clair avec certaines réalités économiques, par prolongement, j’espère que cela permettra de « construire » un socle commun aux militants socialistes qui viennent me lire.

Au fond, je me retrouve complètement dans cette phrase : « Oui, il faut comprendre pour pouvoir agir ». Je me permettrai d’annoter chacun des chapitres, la technique de cette synthèse sera faite de reformulation et de passage repris dans l’ouvrage (Si l’auteur me lit, j’espère qu’il ne m’en voudra pas). C’est parti.

Préalable : Le livre noir du libéralisme se décompose en trois parties. 1. Le Livre noir du libéralisme 2. Construire une alternative 3. Qu’est ce qui bloque ? A noter que tous les chiffres (oui désolé mais c’est nécessaire) proviennent de sources dont on ne peut suspecter une quelconque obédience gauchiste (eurostat, OCDE, journaux économique…). Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à demander.

Préface par Michel Rocard.

« La science économique a dérivé et s’est recroquevillée pour n’être plus qu’une science de la circulation de l’argent »… « Il est moins que jamais admissible le monopole de ses réflexions de ses débats au seuls spécialistes, alors qu’on les découvre en train de jouer aux apprentis sorciers ».

Chapitre 1 : Dire la Vérité.

Deux mots me viennent naturellement à la lecture de ce chapitre mensonge et précarité et ces constats ne sont pas propre à la France.

Mensonges par omission ?
Deux exemples illustrent bien cette réalité. Celui des retraites dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles depuis plusieurs années qu’il nous faudra travailler plus longtemps or l’age moyen de départ en retraite est passé de 62 ans en 2001 à 60,8 ans au 1er semestre 2006. C’est un des paradoxes cachés de la Réforme Fillon, celle-ci a précipité les départs en retraite. L’autre conséquence est qu’en 2002 les caisses de retraite étaient à l’équilibre et qu’aujourd’hui elles accusent un déficit de plus de 7 milliards… belle réussite.

Le deuxième exemple est bien entendu celui du chômage. Celui-ci serait à son plus bas historique depuis 30 ans. Rien de plus commode d’arranger les statistiques, de sortir telles ou telles catégories, d’oublier les dispenses, de ne pas prendre en compte les RMIstes… avec ça on arrive à un minimum de 4,5 millions de personnes sans emploi.

Ces mensonges comme tant d’autres n’ont-ils après tout qu’une fonction, cacher une autre, la précarisation accélérée pour une très large majorité de nos concitoyens au profit d’une infime minorité déjà largement pourvue ?

Une explosion de la précarité.


A mon sens un indicateur peut traduire cette réalité (attention, je ne suis pas un spécialiste), l’évolution de la part des salaires dans le PIB (Produit Intérieur Brut), celle-ci a chuté de 11% en 25 ans. Ce phénomène n’est pas propre à la France, il est mondial. Cela se traduit par une autre réalité qui nous vient des Etats-Unis : entre 1979 et 2004, le revenu des 20% des plus riches a progressé de 69% contre 9% pour les 20% les plus pauvres (à titre anecdotique c’est 169% pour le 1 les plus riches…).

Cependant, et c’est plus grave, l’autre face de ce chiffre froid c’est l’explosion sans précédent de la précarité et de la pauvreté symbolisées dans le meilleur des cas par une augmentation sans précédent du temps partiel en France, aux Etats-Unis, au Japon… alors que Sarkozy n’a de cesse de vouloir faire travailler plus, ce n’est certainement pas le RSA ou les fameux emplois à la personne de Borloo qui inverseront la tendance. Au final des millions de travailleurs pauvres se voit imposer un temps de travail réduit (la durée moyenne du travail est inférieur à 34h aux USA… étonnant… grace/à cause de la multiplication des petits boulots). En Allemagne, plus de 6 millions de travailleurs sont à 15h/semaine et la loi Hartz du gouvernement Schröder a jéte des milliers d’allemand dans la pauvreté. Le salarié est non seulement précarisé dans son travail mais il l’est également dans son accès aux soins, dans son accès à l’éducation.


Autre conséquence des changements structurels de ce fameux PIB… un Etat qui a de moins en moins de ressources pour agir durablement et redistribuer plus équitablement les fruits d’une croissance ininterrompue depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Fin du premier chapitre et je vous prie d’excuser ce résumé partiel et partial. Je n’ai pas relevé la question de la flexibilité car elle est inhérente à la précarité et que d’autres indicateurs démontre qu’elle est déjà une réalité en France. D’ailleurs, les 35h ont permis d’étendre cette sacro-sainte flexibilité. Chapitre 2 dans quelques jours.

Marc Vasseur

jeudi 29 mai 2008

Contribution de Larrouturou: tentative de réponse.


Question 1 : convoquer un nouveau Bretton-Woods ? Cela devient une nécessité. Les règles économiques du monde sont complètement faussée, et l’équilibre financier du monde est sur le point de lâcher ses derniers garde-fous. Bien sûr, ne répétons pas l’Histoire en enfermant littéralement des économistes en ne les laissant sortir qu’après résultats, mais tentons, dans cette grande conférence internationale que des gens comme Larrouturou ou Hamon appellent de leurs voeux, de mettre tout sur la table et de réparer des aberrations comme celle de notre Euro, bien trop fort.

Question 2 : négocier un Traité de l’Europe sociale ? Je crois me souvenir qu’en 2003, avant les européennes, le Parti socialiste avait déjà lancé un projet de Traité pour l’Europe sociale qui, s’il avait été une bonne préparation pour les européennes de 2004, était hélas resté lettre morte, notamment à cause des déchirements sur le TCE. Dommage. On pourrait, pourquoi pas, s’inspirer de ce texte qui était tout à fait intéressant et toujours d’actualité pour ensuite négocier d’abord avec nos partenaires européens, et ensuite porter ce projet dans les instances!

Question 3 : un impôt européen sur les bénéfices ? Réponse claire: un impôt européen sur les bénéfices, et une éco-taxe. Intérêt double: créer une véritable Europe fiscale, et donner à l’Europe des fonds propres. En clair, ajouter à la maison européenne une autre identité manquante. Mais pas seulement. Ces impôts européens auraient l’intérêt non de sanctionner mais de faire participer ceux qui peuvent se le permettre, et rétablir une certaine justice sociale.

Question 4 : négocier des montants compensatoires avec la Chine ? Bien entendu, je suis pour. Seulement voilà. Il sera difficile, dans une Europe économiquement forte mais politiquement faible, d’entamer ce genre de négociations avec la Chine. En outre, nous devrons la jouer très fine, avec les Etats-Unis d’Amérique derrière nous qui n’ont aucun, mais aucun intérêt à ce que des négociations avec la Chine soient entamées. Une Chine qui respecterait un certain nombre de règles écologiques et sociales, ce serait mettre au pilori les USA, qui devraient suivre. Tous ces paramètres sont à prendre en compte.

Question 5 : miser sur la croissance ? Je ne suis pas un spécialiste en économie, mais je lis, je m’informe. Et voici ce que je peux dire avec mes modestes connaissances: bien que la plupart des pays européens à croissance économique forte pâtissent d’une “croissance sociale” faible (Espagne, Grande-Bretagne, pourtant de centre-gauche), je pense qu’on ne peut pas imputer cela à la course à la croissance. Bien évidemment, la croissance économique est nécessaire. Le problème, ce sont les buts: est-ce qu’on cherche la croissance comme vecteur d’une croissance sociale ou est-ce qu’on met tout bonnement et simplement cette croissance économique au service de la croissance sociale? La réponse est dans la question.

Question 6 : indexer les salaires ? Voilà qui est une solution découlant de la question 5. Bien évidemment, j’y suis favorable. En indexant les salaires, on ne fait pas de la croissance économique un outil de propagande gouvernementale pour redonner le sourire aux consommateurs, mais un mètre-étalon pour la progression du pouvoir d’achat.

Question 7 : investir le Fonds de Réserve des Retraites dans le logement ? Oui, à condition que le système des retraites soit également refondé, en prenant notamment en compte la pénibilité du travail, etc. Nous avons besoin d’un système de retraites fort pour qu’il puisse servir à autre chose!

Question 8 : quelle stratégie pour le temps de travail ?
J’ai déjà donné mon point de vue sur la question.Calendrier simple: retour sur la loi Aubry II, qui a fait du tort à 80% des salariés. Renégociation, et incitations à l’emploi. Stratégie de gagnant-gagnant, dans l’esprit de la loi Aubry I. Ca, c’est pour 2012, donc tout de suite.

Question 9 : construire une Europe politique ? Je suis fédéraliste. Je sais pertinemment que beaucoup de pays d’Europe ne le sont pas, notamment parce que la droite y est au pouvoir. Néanmoins, une impulsion donnée par les socialistes (et notamment les socialistes français) pour aboutir à autre chose qu’un traité simplifié serait tout à fait pertinent. De manière globale, bosser davantage avec nos partenaires européens, c’est réellement construire le PSE, et avec lui, de vrais partis politiques européens, donc une vraie Europe politique.

Question 10 : quelle démocratie interne ? Je reprends les propositions de mon camarade Marc Vasseur, elles sont salutaires.

Source Maxime Pisano

jeudi 22 mai 2008

La ligne claire

Nous pensons qu’aujourd’hui, le congrès du Parti Socialiste est mal engagé, dans la mesure où ses enjeux semblent devoir se concentrer sur la prise du pouvoir du parti dans la perspective des présidentielles et que le débat de fond s’en trouvera escamoté.

Pire, les nécessités tactiques induites par cette lutte pour le pouvoir risquent d’engendrer une alliance des contraires qui brouillera un peu plus l’image du PS.

Si le PS a perdu les deux dernières présidentielles avec deux candidats aux profils si différents, c’est que la défaite ne tenait pas à leur personnalité mais à l’absence d’une politique claire dans laquelle les Français puissent se reconnaître.

Le PS n’a, en effet jamais totalement tranché entre ceux qui rêvent encore du Grand soir et ceux qui assument leur choix réformiste. Cette volonté de réforme, nous l’assumons totalement dans nos collectivités locales et c’est sans doute ce qui explique les victoires que nous remportons dans ces territoires.

Nos politiques sociales y sont audacieuses, notre engagement sur les questions environnementales fort ; nous nous situons souvent à l’avant-garde des grands projets urbains. Mais, dans le même temps, nous nous engageons pleinement sur le plan économique aux côtés des entreprises dans des politiques d’innovation et de développement qui nous permettent de créer de la richesse.

Ces politiques sont largement approuvées par nos concitoyens qui n’hésitent pas à nous confier des responsabilités au niveau local alors même que nous échouons à toutes les élections nationales.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est urgent de mettre fin à la schizophrénie qui existe entre nos pratiques locales et un certain discours national. Ce sera là le plus sûr gage de pouvoir incarner une alternative à la politique aujourd’hui menée.

Nous souhaitons donc qu’avant d’être un débat sur les personnes, le congrès de Reims soit un congrès de clarification permettant de prendre pleinement en compte le monde moderne.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cette ligne politique à rédiger et à signer avec nous, une contribution qui mettra la clarification au cœur de nos débats du prochain congrès.

Gérard Collomb Sénateur-Mairie de Lyon

Jean-Noël Guérini Sénateur Président du Conseil général des Bouches du Rhône

Vincent Feltesse Président de la Communauté urbaine de Bordeaux Maire de Blanquefort

Source Ligneclaire